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REVUE DE PRESSE

Quimper la médiévale vue de la cathédrale

Ouest-France, le 30 novembre 2010

mardi 30 novembre 2010
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Le dernier dimanche de chaque mois, les animateurs de la Maison du patrimoine montrent un autre visage de Quimper. Près du roi Gradlon, la ville garde un passé médiéval. 200 marches

Il faut gagner son paradis sur terre. Passée la porte qui ferme l’accès aux tours, d’emblée les marches en pierre donnent le tempo : ça grimpe sec, ça tourne. Plus de 200 marches. Mais l’escalade vaut le détour. À la hauteur du roi Gradlon qui veille sur la ville, le visiteur a le choix. Ou s’abîmer dans la contemplation d’un Quimper inconnu : les allées de Locmaria et les phares des voitures qui scintillent entre les érables, le Frugy encore feuillu, la gare qui file à l’est, l’hôpital Gourmelen, le clocher oriental de l’église Sainte-Thérèse. Ou bien alors, toujours contemplatif, vous écoutez les guides conférenciers qui vous font traverser les siècles.

Enchevêtrement de toitures

Arc-boutant, contrefort, pinacle, voûte en arêtes : ici, on nage dans le gothique. Ici, on tutoie les gargouilles. Ici, le vieux Quimper montre un enchevêtrement de toitures. La ville médiévale existe bien en dessous, face à la cathédrale. La rue Keréon file vers la Terre-au-Duc, presque trop droite. Les pignons à colombages qui surplombent le carrefour de la rue des Boucheries et l’artère pavée tranchent sur le bleu ardoise et la pierre grise des cheminées.

Démesure

Ici, la démesure parle : quelque 700 m2 de toiture seulement pour la nef. Pour construire les deux tours au XVe, il a fallu près de 30 ans. La récente restauration de la cathédrale a duré 20 ans, une bagatelle face à l’éternité. Si la première pierre des tours est posée en 1424, Quimper a attendu l’architecte Joseph Bigot pour qu’en 1856 les flèches soient dressées. Juste avant lui, l’évêque Graveran, avait décidé de financer le projet en imposant un sou annuel de contribution aux Quimpérois pendant 5 ans, le sou de Saint-Corentin.

Des pierres de Kerjestin et de Plomelin

Vu des flèches, la déviation du faîtage donne le « la ». Les constructeurs ont changé d’axe à la construction « entre le début de l’édification en 1280 pour le choeur et le 28 juillet 1424, le jour de la Sainte-Anne, pour le porche », indique les guides conférenciers, Elodie Poiraud et Marc Delalleau. « Le sous-sol meuble n’aurait pas supporté l’édification d’un monument aussi lourd. » À l’époque, les circuits courts étaient de règle. La pierre a été extraite des collines de Kerjestin et de Plomelin. Les carriers ont taillé l’ardoise de Laz. Le bois vient du Finistère.

Des petits lapins

Partout les constructeurs ont peaufiné le travail. Dans le portail principal, entre les deux tours, si vous regardez attentivement vous trouverez des petits lapins. Si, si, c’est vrai. À l’intérieur des lieux, fesses à l’appui, il existe même quelques pierres osées qui disent combien les imagiers de l’époque n’avaient pas froid aux yeux. Et le coup de burin grivois.


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